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Ça manque à ma culture n’est plus - C’était une mort annoncée

Récemment, nous apprenions que la quotidienne Ça manque à ma culture ne reviendrait pas à l’antenne de Télé-Québec la saison prochaine. C’est un Serge Postigo aucunement amer par rapport à cette décision qui s’est confié à 7jours.ca.

Serge, l’émission que tu pilotais, Ça manque à ma culture, n’est plus. Vis-tu un deuil actuellement?

Oui, mais il ne s’agit pas d’un deuil négatif. Les gens du milieu m’ont envoyé beaucoup de témoignages, comme quoi cette émission était essentielle. Probablement à cause des cotes d’écoute, nous n’avions pas la contrainte de recevoir des gens connus. Je te dirais qu’à peu près 30 % des invités que je recevais n’avaient jamais fait de télé de leur vie et, souvent, la semaine d’après, tu les voyais dans d’autres émissions. Ça manque à ma culture était également une des rares émissions où nous présentions des inconnus sans en faire la critique. Je trouvais ça agréable qu’il y ait une émission qui parle de la culture émergente sans la juger. Bref, c’était une mort annoncée, car une émission comme celle-là ne peut pas durer cinq ans; c’est impossible.

Une émission comme celle-là est essentielle, mais elle ne peut pas durer. C’est étrange, non?

Exactement! C’est comme le brocoli: c’est très bon, mais ça ne goûte pas le Big Mac!

Personnellement, qu’est-ce que cette expérience t’a apporté?

Énormément; j’ai beaucoup, beaucoup appris et je me retire de cette aventure complètement enrichi. Je choisissais mes invités et je n’assoyais jamais quelqu’un en face de moi si je n’avais pas lu son livre ou vu sa pièce, jamais. Les rapports que je demandais aux recherchistes comprenaient deux pages; par la suite, les questions étaient celles que je formulais moi-même. Pour moi, une recherche est quelque chose qui m’alimente et non une entrevue répétée. Donnez-moi des ingrédients, et je vais faire la bouffe en studio; ne m’apportez pas des plats tout faits.

Si je te demandais de raconter quelques bons moments que tu as vécu à la barre de cette émission, que répondrais-tu?

J’ai fait de belles rencontres, entre autres avec le cinéaste Bertrand Tavernier et l’astrophysicien Hubert Reeves. Parmi les bons moments que j’ai vécus, je me souviens d’une émission où je recevais Michel Fugain, qui ne voulait pas chanter sur le plateau. Donc, comme je faisais la conception et aussi la mise en scène de l’émission, j’ai commencé en faisant un medley de ses chansons et, ensuite, je lui ai lu un texte en alexandrins que j’avais moi-même écrit. Lorsque je suis allé le rejoindre sur la pastille, il était en larmes. Finalement, à la fin de l’émission, il est monté sur scène et a spontanément chanté en ma compagnie. C’est un très beau moment…

Si on te proposait une autre folie du genre, recommencerais-tu sans réfléchir?

Sans réfléchir, non. En y pensant bien et en étant à l’aise avec le mandat, peut-être. Celui qu’on avait dans Ça manque à ma culture était clair, et nous l’avons tenu à bout de bras. Bref, pour l’instant, je me concentre sur le théâtre cet été, et il y a peut-être un projet de mise en scène qui me mènerait à l’extérieur du pays. Une piste à suivre…


Source: 7 jours - Auteur: Maxime Charbonneau
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