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Rien à l'horaire présentement


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Serge Postigo, le surprenant

Dites «comédie musicale de Broadway mise en scène par Denise Filiatrault» et vous venez de remplir le Rideau Vert pendant trois semaines. Ajoutez à cela «Serge Postigo dans le rôle principal», et vous voilà assuré de faire salle comble, le temps d'une douzaine de supplémentaires à la salle Pierre-Mercure.

Avec Cabaret et My Fair Lady, le genre est devenu un classique de fin de saison à la Maison Verte. Dans Neuf , l'intrépide Serge Postigo pousse la note en charmeur invétéré aux prises avec le spleen de la quarantaine.

En pleine répétition de Neuf, Denise Filiatrault a demandé à Serge Postigo d'exécuter une scène en marchant sur les mains. Postigo, se souvenant de ses acrobaties à l'adolescence, a tenté le coup. Le défi, qui s'est avéré au-dessus de ses forces, en dit long sur l'audace d'un comédien qui ne craint pas de se mouiller.

«Il ne faut pas amener son ego en répétition. Ça nuit et c'est encombrant. Avec Denise Filiatrault, si t'as le moindrement d'ego, elle peut t'atteindre très rapidement «, dit le comédien de 38 ans, dans la mezzanine du Rideau Vert. Une grande complicité unit le talentueux bourreau de travail et sa metteure en scène. « On s'aime bien et on se fait confiance, dit-il, une note de tendresse dans la voix. Elle peut me demander n'importe quoi et je l'essaie toujours. C'est quelque chose qu'elle aime chez les acteurs.»

Pour Neuf, un succès de Broadway qui a raflé cinq Tony awards, Filiatrault a confié à Postigo le rôle central de Guido (qui a valu à Antonio Banderas le Tony). « Il s'agit d'un réalisateur italien qui, l'année de ses 40 ans, se retrouve à moins d'une semaine du tournage de son prochain film, sans inspiration. Il n'en connaît ni le titre ni le sujet. «

Le spectre de Fellini et de 8 ½, dont s'inspire la pièce, planent évidemment sur cette histoire de cinéaste qui se retire dans un spa à Venise pour se reposer et trouver une idée. Et dont l'isolement est rapidement rompu par l'arrivée des nombreuses femmes de sa vie. «On y retrouve le même côté onirique que dans les films de Fellini.»

Comme un seul homme

«Que de femmes extraordinaires !» s'exclame Serge Postigo, à propos des 12 gonzesses qui partageront avec lui la scène du Rideau Vert. Des Catherine Sénart, Estelle Esse, Marie-Denise Pelletier et autres Patsy Gallant qui mettront leurs talents de comédiennes et de chanteuses au profit de ce «Broadway made in Québec!»

«Au début des répétitions, certaines d'entre elles m'ont dit : Attache ta tuque, mon vieux, ce qu'on a à faire est énorme, vocalement.» Dans Grease, Serge Postigo a prouvé qu'il savait chanter juste. Mais c'était de la petite bière, en comparaison avec les prouesses vocales commandées par le compositeur Maury Yeston.

«Après la première semaine de répétitions, je me suis dit, pour la première fois en carrière, que j'étais dans la merde», raconte le comédien. À force de travail acharné, Postigo a fini par maîtriser la bête en s'accrochant à la théâtralité des chansons, plutôt que de les voir comme d'insurmontables partitions.

Et le fait qu'il ait été entouré d'une nuée de femmes toutes plus gentilles et maternelles les unes que les autres, n'a pas nui. « Guido est un Italien très charmant, très coq. Il les aime toutes : sa mère, sa blonde, sa maîtresse, sa muse. J'entre en salle de répétition, seul avec ces 12 femmes, et je deviens moi-même une espèce de coq. Mais il n'y a pas de game de séduction, seulement quelque chose de charmant, du domaine du jeu. Quand je raconte mes journées à ma blonde, elle rit de moi! « dit le comédien, avec un rire un peu enfantin.

La culture pour son père

Acteur de comédie musicale. Interprète d'Olivier Guimond. Maître d'œuvre des prix Gémeaux. Quel titre manquait au pedigree de Serge Postigo? Celui d'animateur d'émission culturelle. L'automne prochain, le comédien animera Ça manque à ma culture à Télé-Québec, une quotidienne de 30 minutes où Postigo compte s'intéresser moins à la vie privée des artistes qu'à leur travail. «Cela ne m'intéresse pas de savoir ce que les gens cuisinent sur leur barbecue où l'endroit où ils passent leurs vacances», tranche-t-il.

En revanche, il compte utiliser cette tribune pour «démythifier la culture, la rendre plus organique et lui enlever son côté hautain.» Il espère ainsi rejoindre des gens qui, à l'image de son père, ont l'impression que la musique électroacoustique n'est «pas écoutable» et que la danse contemporaine, «ce sont des gens tout nus qui dansent.» «C'est une émission pour mon père, un homme de 60 ans qui est ni plus ni moins cultivé que la majorité des gens.»

Inclassable, Postigo? Chose certaine, il aime se trouver là où on l'attend le moins. «J'aime poser des lapins.»

Neuf, livret d'Arthur Kopit, paroles et musique de Maury Yeston, traduction et adaptation d'Yves Morin, dans une mise en scène de Denise Filiatrault, du 15 mai au 16 juin au Rideau Vert, supplémentaires du 26 juin au 7 juillet à la Salle Pierre-Mercure.

Source: Cyberpresse - Auteur: Sylvie St-Jacques

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