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Rien à l'horaire présentement


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Lady Pascale

Denise Filiatrault portait depuis très longtemps en elle sa vision d'Alys et ça se sent. Ma vie en cinémascope, de loin le meilleur film qu'elle ait réalisé, est à la fois le portrait dramatique et émouvant de la première vedette que le Québec ait jamais enfantée, mais aussi une magnifique lettre d'amour qu'écrit la réalisatrice à propos de ses propres années de jeunesse.

Bien sûr, l'histoire singulière d'Alys Robi était déjà connue, ayant notamment fait l'objet d'une série télévisée il y a une dizaine d'années. Denise Filiatrault, rappelons-le, en avait d'ailleurs écrit le scénario, mais n'était pas satisfaite de la réalisation.

C'est dire que la réalisatrice parvient quand même ici à creuser plus loin, tant dans l'aspect tragique de la vie d'Alice Robitaille que dans le côté extraordinairement glamour de la vie qu'a menée Lady Alys quand cette dernière trônait au sommet de sa gloire dans les années 40.

Dès le départ, Filiatrault choisit d'ailleurs de plonger le spectateur en plein drame avec une scène très dure au cours de laquelle Alys, en 1952, s'apprête à subir une lobotomie dans un institut psychiatrique. Femme en avance sur son temps, vedette internationale, amoureuse et «pécheresse», la grande Alys est en effet internée, malgré elle, avec l'aval d'un père (Michel Barrette, magnifique de sobriété) parfaitement dépassé par les événements.

Du coup, la réalisatrice évoque le contraste entre l'esprit d'une femme vivante et lumineuse, aux prises avec une maladie psychologique, et l'obscurantisme d'une société alors plongée dans la grande noirceur.

Visiblement, Denise Filiatrault tient à ce que le moindre détail de ce film soit d'une justesse inattaquable. D'abord, la reconstitution de l'époque est très soignée. Ensuite, la distribution est impeccable. Mieux, les rôles sont écrits de telle façon -c'est particulièrement flagrant pour les personnages connus-qu'ils cernent instantanément la personnalité des individus. Même si, par exemple, les apparitions de La Poune (Nathalie Mallette), Juliette Pétrie (Chantal Baril), Manda Parent (Lise Dion) ou Jean Grimaldi (Normand Chouinard) sont très courtes, l'essentiel est là sur l'écran, presque plus vrai que nature.

Aussi, la réalisatrice s'attardera aux grandes histoires d'amour ratées de la vedette. La première, avec Olivier Guimond (étonnant Serge Postigo), vulnérable charmeur à qui Alys reprochera son manque d'ambition; et Lucio Agostini (Denis Bernard), le chef d'orchestre et arrangeur -marié- qui imposera la chanteuse sur la scène canadienne et internationale. Très touchante aussi est la dévotion qu'affiche Alys envers son petit frère adoré Gérard, l'autre grand amour de sa vie.

Et puis, il y a Pascale Bussières. Toute en volupté, l'égérie du cinéma québécois propose ici une composition tout à fait vibrante. Lady Pascale, qui chante le répertoire de Lady Alys de sa propre voix, habite en effet ce personnage -somme toute complexe-avec une aisance sidérante. De l'aplomb, du panache, de la sensualité à revendre. Faisant écho à l'appétit démesuré d'Alys, Bussières se glisse dans l'aura de la vedette avec grande conviction.

De facture classique sur le plan narratif, ce drame biographique se révèle ainsi très touchant.

À travers le destin d'Alys, c'est non seulement l'histoire du show-business qui est ici évoquée, mais aussi celle d'un Québec qui a eu du mal à contenir les élans d'une star devenue trop grande pour lui
3 étoiles et demi

Source: Cyberpresse.ca - Auteur: Marc-André Lussier
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