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Rien à l'horaire présentement


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Les enfants volent la vedette à la première d'Aurore

«Je n'ai pas d'enfants, donc d'en avoir quatre, cinq ou six en même temps, c'était extraordinaire», a lancé Luc Dionne, à la très courue première du film Aurore, juste avant qu'une fillette lui saute dans les bras pour l'embrasser sur la joue, pour dire au scénariste et réalisateur qu'elle allait sortir du film «à la balançoire».

Plusieurs jeunes acteurs du remake d'un des faits divers québécois les plus populaires ne pouvaient effectivement voir le film dans son intégralité, vu la dureté du propos. «Je n'ai pas le droit de le voir, car ça pourrait me traumatiser et je pourrais déranger les gens», a dit, avec le plus grand naturel du monde, Alice Morel-Michaud, qui interprète Aurore à l'âge de 6 ans.

Si c'est dur à regarder, était-ce dur à jouer? «Pas du tout, c'est du jeu, dit la fillette, sans se laisser déranger par les dizaines de photographes devant elle. Luc, le réalisateur, m'expliquait tout.»

Tous les jeunes acteurs faisaient l'éloge du scénariste d'Omertà, Bunker le cirque et du Dernier Chapitre. «Je me disais que Luc avait écrit plein d'affaires heavy, mais j'ai été étonné de sa facilité et de son ouverture avec les enfants», explique Laurent-Christophe de Ruelle (Daniel et les Superdogs), 14 ans, qui joue un des frères d'Aurore.

L'amour paternel

«J'ai 44 ans, explique le principal intéressé, donc j'ai lancé sur le plateau tout l'amour paternel que j'ai accumulé depuis, disons, 20 ans. C'est tellement drôle, des enfants, leurs réactions. Ce qui me manque le plus du plateau, c'est le contact avec eux.»

L'atmosphère «bon enfant» du plateau se sentait, hier, à la première du film. Sur le tapis rouge, la petite Alice est passée des bras de Stéphanie Lapointe à ceux de Rémy Girard. Serge Postigo et Hélène Bourgeois Leclerc épaulaient chaleureusement Marianne Fortier, que le public a pu voir obtenir le rôle d'Aurore à la télévision.

La jeune fille avait sans contredit la plus élégante des toilettes, avec sa robe signée Marie Saint Pierre spécialement ajustée à sa petite taille. «J'avais hâte! Tous les acteurs sont formidables!» Pour une jeune fille qui en était à son baptême des premières, il y avait pourtant de quoi être décontenancée. Les nombreux représentants des médias faisaient des pieds et des mains pour obtenir des entrevues. Pour les acteurs, c'était infernal: un direct par-ci, un autre par-là, avec plusieurs photos entre les deux.

C'était par ailleurs une deuxième première en moins d'un mois pour Denise Robert (Les Invasions barbares), qui a produit Idole instantanée, en salle depuis le 15 juin. En tant que productrice, elle dit avoir reçu le plus beau des compliments de Luc Dionne. «Il m'a dit: j'ai fait le film que je voulais faire.»

Or, au début, personne ne voulait de l'idée germant depuis de nombreuses années dans la tête du distributeur Guy Gagnon (Alliance). Mais Denise Robert a finalement accepté de lancer le projet et elle a convaincu Luc Dionne de réaliser le scénario qu'elle lui avait commandé. Même si à la sortie de Séraphin, ce dernier s'était dit «bon, ils vont nous ressortir Aurore!»

Avant la première, hier, Guy Gagnon n'avait pas encore vu la version finale du film d'un budget de 6,5 millions de dollars.

«Je suis nerveux», disait-il, sans toutefois s'en faire avec l'accueil du public. Mercredi dernier, à la première mondiale d'Aurore, à Roberval (sa ville d'origine), les spectateurs ont été bouche bée, explique-t-il.

Luc Dionne s'attend à fortement ébranler les gens, de par «l'isolement psychologique de cet enfant-là». «Ça va assurément éveiller des consciences», ajoute Hélène Bourgeois Leclerc, qui joue la marâtre.

Et contrairement au premier film de 1952, ce qui frappera n'est pas les «souffrances» infligées à Aurore, mais le «silence» d'un village tout entier. «On apprend qui sont vraiment les victimes et qui sont vraiment les coupables.»

«C'est une histoire qui demeure d'actualité, ajoute Serge Prostigo, qui incarne Télésphore Gagnon, le père de la fillette. Il y a un brouillard qui entoure mon personnage. Quand il perd sa première femme, c'est en quelque sorte un suicide vivant. Il abandonne ses enfants.»

À voir dans les salles du Québec, à partir du 8 juillet.


Source: La presse sur Cyberpresse.ca - Auteur: Isabelle Côté
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