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Entrevue avec Serge Postigo

"Je suis un acteur qui chante et je n'ai surtout pas la prétention d'être un chanteur" déclare Serge Postigo. N'empêche que le comédien, vedette du téléroman "Rue L'Espérance", l'inoubliable François de "4 et demi", s'amuse encore une fois par les temps qui courent à démontrer sa grande versatilité. Une facette de son métier qu'il adore.

Certains diront que c'est le fruit du hasard si Serge Postigo peut aujourd'hui démontrer ses talents de chanteur, notamment dans le spectacle "100 ans de chansons" présenté au Théâtre du Rideau Vert jusqu'au 8 janvier et ensuite en tournée jusqu'à la fin du mois. Pourtant, Serge rappelle que lorsqu'il était adolescent, il avait déjà un goût prononcé pour la chanson.

"J'ai toujours chanté, mais seul. Je m'enfermais dans ma chambre et je chantais, surtout de la chanson française, du Aznavour, du Cabrel. J'ai chanté pour la première fois en public lors de mon bal des finissants, au Reine Élizabeth, devant 1 000 personnes."

C'était la première occasion qu'il avait de chanter en public. La seconde est survenue lorsqu'il a participé à l'émission "Chabada", de son ami Grégory Charles. C'était il y a quatre ans.

"Après l'émission, on est restés jusqu'à une heure du matin, Greg, Anthony Kavanagh et moi, à chanter du Aznavour, toutes sortes de chansons. Greg m'a alors dit: "Ce serait l'fun si tu venais à l'émission, qu'on mette un téléphone sur le piano et qu'on demande aux gens de téléphoner, de nous demander une chanson d'Aznavour." Je lui ai dit oui, sans penser que ça se ferait, mais il m'a téléphoné et cette idée a vue le jour. Par la suite, je suis retourné à quatre ou cinq reprises chanter à "Chabada". C'est à partir de là que tout s'est enchaîné", rappelle-t-il.

C'est la mère du producteur Marc Poulin, qui était à monter la comédie musicale "Grease", qui a glissé à son fils que Serge Postigo chantait et il n'en fallait pas plus pour que l'offre d'incarner le rôle joué au grand écran par John Travolta atterrisse sur le bureau de Serge. On l'a donc vu dans "Grease" en 1998, puis en reprise cet automne avant d'accepter de se joindre à la distribution de "100 ans de chansons", spectacle monté par Louise Forestier. Un spectacle mis en scène par la chanteuse, entourée de Serge Postigo, Lynda Johnson, Kathleen Fortin, Hélène Major, Louis Gagné et Jacques Godin.

"J'ai vu le spectacle en 1999 et j'avais trouvé ça magnifique, très simple, pas du tout prétentieux. Louise a choisi ces chansons dans l'optique qu'elles ont marquées l'imaginaire amoureux depuis cent ans et c'est bien l'fun à faire. La particularité de ce spectacle est qu'il n'y a pas de texte, il n'y a que des chansons interprétées par six acteurs."

Évidemment qu'en entrevue, Serge ne manque pas de souligner qu'il apprend beaucoup sur le métier de chanteur, à côtoyer depuis environ deux mois Louise Forestier, qui a conçu ce spectacle encensé par la critique.

"Dans ce spectacle, c'est l'émotion qui doit passer avant tout et je me souviens qu'en répétition, Louise m'a dit quelque chose dont je vais me souvenir longtemps: "Arrête d'essayer de chanter, j'avais voulu engager un chanteur, j'en aurais engagé un. J'ai engagé un acteur, je veux qu'il joue!" J'ai trouvé ça merveilleux! Sur scène, on interprète des chansons que les gens entendent depuis cinquante ans et je dirais que pour la première fois, dans bien des cas, les gens écoutent le texte pour la première fois. Pas parce que nous sommes meilleurs que les originaux, mais parce qu'elles sont interprétées par des acteurs, d'une autre façon. Cela dit sans prétention. Moi, mon métier est de lire un texte et d'en dégager l'émotivité et la compréhension et dans ce spectacle là, je m'en donne à cœur joie."

La chanson est donc devenue une flèche de plus à l'arc du comédien, qui évite surtout de se qualifier de "chanteur". "Je n'ai pas le projet de faire un album un jour et par respect pour leur métier, je ne dit pas que je suis un chanteur. Au même titre que je trouve ça parfois particulier quand j'entends un chanteur, qui a fait un vidéoclip de trois minutes, se dire ensuite acteur... Ce n'est pas parce que tu conte une "joke" que tu es humoriste!"

Mis à part son talent pour la chanson, Serge est aussi, bien sûr, l'interprète du rôle d'Olivier Leblanc dans "Rue L'Espérance", diffusé à TVA. Un téléroman qui prendra fin ce printemps, retiré des ondes après seulement deux saisons.

"On s'y attendait plus ou moins, le projet n'a pas été reçu comme les gens qui l'ont écrit et conçu l'avaient planifié à la base. Cela dit, on a beaucoup de plaisir sur le plateau et... il y a quand même un million de personnes qui regardent "Rue L'Espérance". Ce n'est pas rien" précise-t-il.

Le comédien dit être conscient des forces et des faiblesses du téléroman, mais, n'empêche, il ne semble pas particulièrement avoir apprécié les flèches lancées à l'endroit de "Rue L'Espérance".

"Il y a une journaliste, dont je tairai le nom, qui a écrit dernièrement dans un journal très coté qu'elle ne comprenait pas qu'il y ait un million de personnes qui écoutent "Rue L'Espérance". Dans ce temps là, j'ai tendance à me demander qui a tort?"

Si plusieurs auraient tendance à remettre sur le nez du comédien sa décision de quitter son personnage de François Dion et le populaire téléroman "4 et demi" pour "Rue L'Espérance", ce dernier vit toujours très bien avec sa décision. Pas le genre à avoir des regrets.

La chose que j'aime le plus du public face à moi est que les gens sont extrêmement francs. J'ai beaucoup de respect pour le public, je ne les prends pas pour des cons et ils me le prouvent à chaque fois. Ça me fait penser à un commentaire que j'ai eu il y a quelques mois, qui résume un peu les commentaires que les gens me font habituellement. Je visitais une mine à Rouyn, en Abitibi, et je suis allé voir les mineurs par la suite. Y en a un qui me dit alors: "J'vais t'dire une affaire: dans "4 et demi" t'étais bon mais là, comme t'es vraiment pourri!" J'ai éclaté de rire parce que je comprenais ce qu'il voulait dire, il me passait le même message que les gens me disent souvent, à savoir que mon personnage dans "Rue L'Espérance" est moins populaire que celui que je jouais dans "4 et demi". On connaissait tous un François Dion dans notre famille ou dans notre entourage, ce qui n'est pas forcément le cas avec Olivier Leblanc."

L'homme qui avait fait le commentaire lui a par la suite écrit pour détailler un peu plus sa pensée, parce que ses camarades avaient trouvé qu'il y était allé un peu raide.

"Il m'a fait un commentaire dont je me souviendrai toujours, il m'a dit: "De te voir dans "Rue L'Espérance, c'est comme si on demandait à Wayne Gretzky de jouer à la défense". C'est un des beaux commentaires qu'on m'a fait dans ma vie, fait avec le cœur. Et moi, c'est cette franchise que j'admire le plus chez les gens."

Reste maintenant à savoir quel sera le prochain rôle de Serge Postigo au petit écran et, surtout, s'il sera apprécié des téléspectateurs. Sûrement qu'il prendra bien le temps de choisir son personnage mais pour l'instant, il n'est absolument pas inquiet quant à l'avenir.

"Je me fie au proverbe québécois qui dit, en termes clairs: "Quand y en aura plus, y en aura d'autres..." Pour l'instant je me concentre sur ce que je fais mais il y a beaucoup de choses en l'air, des projets, mais rien de confirmé pour l'instant."
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