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Serge Postigo, dans Neuf : l’homme à femmes

Comment jouer les hommes à femmes sur scène, pendant des mois, sans en être fatalement changé ? Dans la comédie musicale Neuf, Serge Postigo incarne Guido Contini, un personnage figé dans sa fiction, alors que le comédien, lui, continuait d’évoluer, au milieu d’une cour de neuf beaux personnages féminins.

« Pour moi, le théâtre, ce n’est pas que de la fiction : c’est aussi un lieu de vie. Tant et si bien qu’une partie de moi n’évolue que sur scène ! Comment répéter pendant deux mois et demi, puis jouer avec une équipe pendant 90 soirs, sans changer soi-même de quelque manière ? Depuis les débuts de Neuf, il y a eu dans la troupes des mariages, des naissances, des séparations. Tant d’événements imprévisibles peuvent survenir, pendant une si longue période de temps. Tout cela teinte les rapports entre les acteurs. De fait, ma vie a beaucoup changé ces derniers temps... » déclare Postigo, en entrevue.

Après une soixantaine de représentations, d’abord au Rideau Vert, puis en tournée, Neuf prend l’affiche à la salle Albert-Rousseau, à partir de ce soir et jusqu’à samedi. La tournée se poursuivra jusqu’à la fin novembre.

Neuf est inspiré du film Otto e mezzo (Huit et demi), où Federico Fellini se mettait en scène, à travers un Marcello Mastrioanni jouant les réalisateurs en panne d’inspiration et de désir. En lieu et place de Mastroianni, c’est Postigo qui incarne le cinéaste tiraillé entre sa femme et sa maîtresse, hanté par sa muse et sa femme de rêve, harcelé par sa productrice et sa vedette. Toutes ces figures féminines lui renvoient une image multiple de lui-même, à divers âges de sa vie.

« Comme Federico, Guido prend conscience que sa créativité est liée aux femmes de sa vie. Neuf n’est pas une pure comédie musicale, mais une pièce de théâtre où la musique et la danse se fondent au drame. Si on en soustrait les chansons et les chorégraphies, il subsiste une vraie pièce de théâtre. On ne peut en dire autant de comédies musicales comme Roméo et Juliette ou Notre Dame de Paris : si on leur enlevait la musique, il ne resterait que le salut de la fin ! »

Neuf est mise en scène par Denise Filiatrault, d’après la pièce créée à Broadway en 1983, soit 20 ans après le film. La musique est de Maury Yeston, le livret est signé Arthur Kopit.

Si l’on compte Filiatrault, Serge Postigo est entouré de 10 femmes : Catherine Sénart (la muse), Émily Bégin (la maîtresse), Estelle Esse (l’épouse), Marie-Denise Pelletier (la mère), Karine Belly (la productrice), Danièle Lorain (la prostituée), Patsy Gallant (la vedette), Marie-Claude Michaud et Émilie Josset.

« Travailler avec toutes ces femmes représente pour moi un immense privilège ! Je me sens très entouré, chouchouté ; on me sert des tisanes pour soigner ma voix, on me traite aux petits oignons ! Cela me donne le goût d’être galant, protecteur ! Tout cela titille ma fibre très latine ! » avoue Serge Postigo.

Plus important, cependant, est le stimulant artistique d’une telle distribution : « Je ne joue pas au petit roi ! Je suis tributaire de toutes ces merveilleuses comédiennes, je me nourris de ce qu’elles me donnent. Au lieu d’imposer le ton, je privilégie l’écoute », déclare ce comédien pourtant réputé pour sa voix remarquable.

Quand on a demandé à Denise Filiatrault pourquoi elle avait choisi Postigo, elle a répondu tout de go : « Vous voyez quelqu’un d’autre pour un pareil rôle ? » Postigo lui renvoie l’ascenseur : « Il y a longtemps que nous travaillons ensemble. Nous connaissons nos forces, mais nous respectons aussi nos faiblesses. Je trouve d’ailleurs que ce qui fait la force d’un acteur, ce sont souvent ses faiblesses, et Filiatrault ne se gêne pas pour inciter les comédiens à aller jouer dans leurs failles pour en sortir quelque chose d’authentique... »


Source: Le soleil - Auteur: Régis Tremblay

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