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L’Avare: Le jeu en vaut la chandelle

Alors que plusieurs metteurs en scène choisissent de remettre des classiques du théâtre au goût du jour en les transposant dans un univers contemporain, Serge Posti­go, lui, a décidé de faire exactement l’inverse : il a monté L’Avare, de Molière, avec les mêmes contraintes qu’en 1668, année de la première représentation de la pièce.

Ainsi, c’est sans micros et à la lueur de 1 000 chandelles que les comédiens déclament leur texte. Le metteur en scène considère qu’il s’agit d’une innovation en soi. «Combien de spectacles éclairés à la chandelle avez-vous déjà vus? demande-t-il. Probablement aucun!» L’idée de cette mise en scène lui est venue spontanément, dès qu’on lui a demandé de monter L’Avare.

«Quand on monte une pièce, il faut que celle-ci nous interpelle, explique Postigo. Moi, je connais toute l’œuvre de Molière, je suis un amoureux de l’époque classique. Ça s’est donc imposé à moi.» Une fois la décision prise, il a fallu vérifier la faisabilité du concept.

«Il y a d’abord la question de sécurité. Il a fallu entre autres que tout soit ignifugé. Je n’ai pas le droit de descendre le rideau quand les chandelles sont allumées, et on a fait des tests d’émanation pour s’assurer que l’air ne serait pas irrespirable», énumère-t-il. Les mille chandelles au sol exigent aussi des indications spéciales pour la mise en scène. «Ça impose une façon de jouer, de se déplacer, des costumes qui reflètent bien cette lumière... explique Postigo. Si un comédien est en avant-scène, il faut aussi qu’il baisse le nez pour ne pas avoir l’air de quelqu’un qui s’est collé une lampe de poche sous le menton pour faire peur aux gens!» Toujours dans cet esprit de fidélité envers le dramaturge, Serge Postigo a choisi Luc Guérin pour interpréter Harpagon, même si ce rôle est généralement réservé à des comédiens dans la soixantaine avancée.

«Il ne faut pas oublier que quand Molière a joué Harpagon, il était lui-même un peu plus jeune que Luc! rappelle le metteur en scène. Et puis, Luc était un choix naturel, il a un sens du comique qui se prête tout à fait à l’humour intelligent de Molière.» C’est cet humour fin de Molière que Postigo apprécie d’ailleurs le plus. «C’est tout un défi, dit-il. Il est beaucoup plus dur de faire rire les gens que de les faire pleurer!»


Source: Métro - Auteur: Marc-André Lemieux
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