Actualités Biographie Carrière Presse Photos Multimédia Contact
 

Rien à l'horaire présentement


Facebook   Wikipédia
Irma la douce - Scènes de ménage en vue

Serge Postigo et Karine Vanasse interprètent les amoureux encanaillés d'Irma la douce. 

Ils n'ont ni la vertu ni la dimension tragique de Roméo et Juliette, mais d'ici quelques jours, ils chanteront et danseront comme eux leur amour impossible.

Irma la prostituée et Nestor-le-Fripé, les amoureux encanaillés de la comédie musicale Irma la douce, seront interprétés par deux acteurs qui savent réellement jouer.

Si Serge Postigo a une expérience de la scène très complète et variée (Grease, Comédie dans le noir, Ladies' Night, Le Vent et la Tempête, etc.), Karine Vanasse fera ses premiers pas. On a tendance à oublier que la jeune lauréate d'un Jutra pour Emporte-moi, qui a également tenu des rôles dans le film Du pic au coeur et dans les émissions Les Débrouillards et 2 frères, n'a pas encore 20 ans et n'est jamais montée sur les tréteaux.

Pour une première expérience, ça en est toute une. La comédienne a dû suivre des cours de chant intensifs et des leçons de danse. En plus, elle affronte tous les jours une armée de testostérone, étant la seule fille de cette distribution de 10 acteurs, dont Martin Larocque, Joël Legendre, Fabrice Fara et Sylvio Orvieto.

«J'apprends à répondre, à prendre ma place dans une gang de gars. Je ne me sens pas du tout mise de côté.» Et Serge Postigo, le grand frère, de suggérer qu'elle pourrait parfaire son exercice d'affirmation de soi en l'accompagnant cet automne pendant la tournée du spectacle Ladies' Night.

Parions tout de même que maman Filiatrault veille à la protection et au bonheur de sa jeune première. La metteure en scène l'a même amenée à Paris avant le début des répétitions, pour faire un pèlerinage en terre très peu sainte. «L'idée était de passer du temps avec Denise. On est allées à Pigalle, dans la rue Saint-Denis. J'ai observé les filles, leurs gestes, leurs attitudes.»

Entre Serge Postigo et la dame de fer qui l'a dirigé l'an dernier dans Comédie dans le noir, la complicité était déjà acquise. «Denise est toujours profondément amoureuse du spectacle qu'elle est en train de monter. Il faut que tout passe après le show pour ceux et celles qui travaillent sur la production.»
Mais disons que le comédien a deux ou trois priorités par les temps qui courent, dont l'enfant qu'attend sa compagne, Marina Orsini. Plutôt que de nuire à sa concentration, cet heureux événement lui donne de l'énergie. «C'est très stimulant de savoir que je vais être papa. Il y en a qui créent mieux dans le malheur. Moi, je suis beaucoup plus efficace quand les choses vont bien dans ma vie.»

Serge Postigo et les autres ne s'apprêtent tout de même pas à jouer une pièce de Botho Strauss ou de Sarah Kane. La bonne humeur, la légèreté et le musette (interprété par un accordéoniste russe, Vladimir Sidorov) sont intrinsèques à Irma la douce, qui est après tout une «vraie» comédie musicale, on ne peut plus rétro, tant dans les émotions que dans la forme. «C'est une oeuvre très naïve. La situation est complexe, les amants sont troublés et déchirés, mais il y a un petit côté fleur bleue très gentil, avoue le comédien. Le milieu n'est pas dépeint tel qu'il est.»

Le milieu, c'est celui de la prostitution, des bas-fonds de Paris. Mais ce que le librettiste Alexandre Breffort a dépeint sur la musique de Marguerite Monnot est un Paris de Pigalle plutôt propret, tel qu'on aimait se l'imaginer en 1956, année où Irma la douce fut créée dans la Ville lumière, avec Colette Renard et Michel Roux dans le rôle des amoureux. Dans le film récent Rue des plaisirs, le cinéaste Patrice Leconte reprenait justement cet univers édulcoré où les prostituées ont le coeur sur la main et accomplissent leur métier dans la joie.

Si elle est jeune, Karine Vanasse en a vu d'autres. Elle sait bien que le personnage qu'elle interprète ne reflète pas la réalité des travailleuses de rue, bien qu'elle affirme avoir rencontré à Paris quelques exceptions qui pratiquaient leur métier avec le sourire. «Je ne sentais pas qu'elles traînaient quelque chose de terriblement lourd.» La comédienne a également rencontré une travailleuse de Stella -un organisme qui défend les droits des travailleurs du sexe- pour préparer son rôle. Parions tout de même qu'on ne lui a pas envoyé la plus fanée des fleurs de trottoir.

Irma la douce , texte d'Alexandre Brefford, musique de Marguerite Monnot, mise en scène de Denise Filiatrault. Une production du Théâtre Juste pour rire présentée au Théâtre du Nouveau Monde à compter du 2 juillet.


Source: La Presse - Auteur : Ève Dumas.
Copyright © 2001-2014 Arania De Tharyas. Tous droits réservés.