Actualités Biographie Carrière Presse Photos Multimédia Contact
 

Rien à l'horaire présentement


Facebook   Wikipédia
Serge Postigo : Aurore c'est l'histoire du Québec profond

« Aurore, c'est l'histoire du Québec profond, l'histoire d'une famille qui éclate, mais c'est surtout l'histoire d'un abandon. »

Alors que le film de Luc Dionne, Aurore, sort enfin sur les écrans à l'issue d'un important battage médiatique, le comédien Serge Postigo, qui incarne le père de la petite martyre, Télésphore Gagnon, a accordé une entrevue à Gilles Gougeon dans le cadre de l'émission C'est bien meilleur le matin.

Une menace qui nous guette tous

Pour lui, cette histoire d'enfant maltraitée prend toute sa valeur parce qu'elle parle de l'abandon de ce père qu'il incarne, face à son enfant. « L'abandon, cela peut nous arriver à tous », explique-t-il, « bien entendu, je ne prendrai pas un tisonnier pour frapper mon enfant, mais que dire de ces gens qui travaillent 70 heures par semaine, qui rentrent chez eux et s'empressent de prendre leurs messages, de téléphoner au bureau, et qui ne parlent à leurs enfants que quand ceux-ci sont prêts à aller au lit ? Cela aussi, c'est de l'abandon. »

Choc et réticences

Le rôle du père d'Aurore présentait de grands défis, explique encore Serge Postigo. Celui de la marâtre est clair, dans la folie, tandis que le sien est plein de nuance, de zones d'ombre, à un point tel que les gens le regardaient étrangement à l'issue de la projection initiale. Même sa femme, dit-il, a semblé un moment choquée par le personnage.

Culpabilité collective

Serge Postigo admet avoir hésité à participer à ce projet cinématographique, qui touche à un fait divers sordide : « Avant de lire le scénario, je me disais, non, ce n'est pas possible ! Mais je me suis rendu compte que je ne connaissais pas l'histoire d'Aurore. C'est vraiment l'histoire du Québec de cette époque. » Il explique qu'Aurore aborde la question de la culpabilité non seulement individuelle, mais collective : « Les gens qui se taisent, autour de la marâtre, sont aussi coupables que la main qui a frappé. » Ce film, juge Serge Postigo, parle de nous, et le fait avec intelligence.

Aurore, archétype de l'enfance maltraitée

Qui a pu oublier le pathétique personnage d'Aurore, l'enfant martyre, ce petit visage exsangue, cheveux emmêlés et en haillons? Et le noir regard de la belle-mère, devant l'indifférence coupable du père?

L'imaginaire québécois s'est nourri de ce fait divers sordide du Québec des années 20, l'histoire d'une enfant martyrisée par son exécrable belle-mère; si maltraitée, en fait, qu'elle en mourra et que la marâtre comme le père seront traduits en justice. Cette histoire a inspiré plusieurs ouvrages et films.


Source: Radio-Canada - Auteur: Florence Meney
Copyright © 2001-2014 Arania De Tharyas. Tous droits réservés.