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L'Avare de Molière – Des répliques mordantes qui restent en tête

Même 342 ans après sa création, L’Avare de Molière reste pertinent et connecté à la société actuelle. D’abord parce qu’il y a l’humour, puis parce qu’il est question de tyrannie domestique, d’affaires de coeur et de fric... Des trucs qui fédèrent en général, surtout quand la mise en scène donne dans le vintage. En 2010, ça change des milliers de propositions conçues dans le passé.

C’est d’ailleurs ce qui attire l’oeil en premier dans cette mise en scène présentée au Monument-National. Comme à l’époque, le spectacle est éclairé à la chandelle. 2000 bougies illuminent la scène tout au long de la représentation. Il n’y a donc pas d’effets de lumière ou de créations d’atmosphère pour accentuer les crises d’Harpagon ou le désarroi de ses enfants. Que du feu. Une énergie brute et… brûlante.

On peut dire qu’avec cette idée, le metteur en scène Serge Postigo marque des points au départ. Ce qui n’était pas pour rendre la tâche facile aux doués acteurs Salomé Corbo et Éric Bruneau qui, dans la peau d’Élise et Valère, doivent intégrer à leur interprétation «l’allumage» de la scène. Le premier acte nous happe donc d’abord avec cet élément scénique inusité, sans compter la présence bénéfique de deux musiciens qui donnent le ton juste, envoûtent.

Un homme sans scrupule

Puis, les cinq actes de la célèbre pièce se déroulent à vive allure, mais pas toujours avec la même force d’interprétation. Certaines répliques notamment semblent moins naturellement intégrées à cette histoire d’Harpagon, un bourgeois, riche et désagréable, qui gère sans le moindre scrupule son porte-monnaie et la vie sentimentale de ses deux enfants, Élise et Cléante. Eux subissent les agressions du père, tentent de les déjouer, de s’affranchir. Ils n’auront pas l’amour facile.

Et quel Harpagon ! Luc Guérin habite son personnage avec fougue, intelligence et nuance. Sa manière de se mouvoir, sa voix, l’interaction qu’il crée avec les autres, ses entrées et sorties de scène méritent d’être soulignées. Un rôle qui confirme une fois de plus l’immense talent de l’acteur, aussi à l’aise dans la comédie que dans le drame, deux pôles parallèles dans ce spectacle tissé de répliques mordantes qui restent en tête.


Source: Rue Frontenac - Auteur: Claudia Larochelle
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