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Rien à l'horaire présentement


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Entrevue avec Serge Postigo et Linda Sorgini.

C'est dans un ambiance chaleureuse que j'ai eu l'occasion de rencontrer, la semaine dernière, Serge Postigo et Linda Sorgini. Ceux-ci sont venus à Québec pour faire la promotion de la représentation de la pièce La serva amorosa de Carlo Goldoni qui aura lieu le 13 novembre prochain à la salle Albert-Rousseau. La journée semble avoir été longue pour nos deux compères qui ont fait la tournée de la jungle médiatique de la région de Québec. Les traits tirés, flapis, ils se prêtent de bonne grâce au jeu de l'entrevue.

Pour Serge Postigo, «Golgoni, c'est le Molière italien, ses pièces signifient le plaisir et en donnent beaucoup aux comédiens qui les jouent». La serva amorosa raconte l'histoire d'une infâme belle-mère qui utilise ses charmes pour détourner à son avantage l'ensemble de la fortune de son époux, au préjudice de Florindo, le fils aîné de ce dernier. Ce jeune homme, à l'aide de sa servante, tentera donc de reconquérir les faveurs de son père.

Dans cette pièce, Linda Sorgini joue le rôle de Béatrice, la belle-mère. C'est donc le rôle de la méchante qu'elle incarne et elle espère que le public va s'amuser à la maudire. «En tout cas, moi, j'aime bien la détester» affirme la comédienne.

Quant à lui, Serge Postigo joue le rôle de ce pauvre Florindo qui se retrouve à la rue suite aux ignobles manoeuvres de sa belle mère. «C'est un gosse de riche, un enfant gâté, arraché à son milieu, qui se retrouve abandonné à lui même.»

Lorsque je demande aux comédiens si selon eux l'équipe derrière cette production à atteint ses objectifs de qualité, Linda Sorgini répond tout bonnement: «Le théâtre c'est comme un gâteau, on mélange les ingrédients, parfois ça lève et des fois pas, cette fois-ci il semble que tout était en place pour obtenir des résultat succulents. Il faut dire qu'avant les comédiens commencent à répéter, il y avait déjà un travail immense qui avait été fait par l'équipe de mise en scène, ce qui nous a donné un excellent cadre de travail. Daniel Roussel, dans sa mise en scène, a voulu créer un théâtre ludique, spontané, où la psychologie n'est pas nécessaire. C'est une histoire que l'on raconte avec beaucoup de couleur... de bonheur.» Alors à quoi s'attendre? Serge Postigo ajoute immédiatement que le choix de Daniel Roussel a été de créer «un jeu mi- contemporain très éclaté et dans la tradition de théâtre italien, mi-commedia dell'arte, par exemple certains comédiens sont masqués».

Avant de faire escale à Québec cette production a été à l'affiche pour 30 représentations à Montréal. C'est donc à une pièce bien rodée qu'aura droit le public de la région. Mais on est en droit de se demander si l'équipe n'est pas un peu essoufflée après autant de représentations? C'est avec étonnement et l'air grave que Linda Sorgini s'empresse de commenter mes propos: «Vous ne savez pas c'est quoi jouer seulement trente fois. Le théâtre est fait pour être joué plus longtemps que ça, surtout lorsque l'on a des personnages intéressants. C'est sûr qu'il peut y avoir un problème de rentabilité, mais par exemple, si on prend Broue, on sait que cela peut marcher. Cette pièce là, je crois qu'on aurait pu la jouer plus que quatre semaines». Toutefois, la déception dans les yeux, Serge Postigo ajoute: «il y a une loi mondiale qui dit que c'est un pour cent de la population qui va au théâtre, par exemple à Montréal ça fait seize-mille personnes qui font vivre l'ensemble des salles. Conséquemment, on fait vite le tour!»

Le comédien fait un peu le mea culpa de la colonie théâtrale du Québec en y allant de ces mots: «Ici le problème ce n'est pas que les gens n'aiment pas le théâtre, mais plutôt qu'ils ne le connaissent pas. C'est comme l'Église qui, au fil des ans, n'a pas su évoluer, le théâtre à un certain moment c'est refermé sur lui même et a commencé à faire des pièces pour les gens de théâtre. Le monde se sent naiseux d'aller au théâtre et ça c'est de notre faute. Il n'y a personne qui va chercher le monde en lui disant "viens on va te conter une histoire", il y a vraiment un problème. Regarde, j'en suis la preuve, j'avais 19 ans lorsque je suis allé voir ma première pièce et le comble ça faisait déjà six mois que j'étudiais pour devenir comédien.»

Quoiqu'il en soit, nos deux comédiens seraient d'accord sur quelque chose: le théâtre c'est fait pour tout le monde et cela peut importe où il se joue. D'ailleurs le 13 novembre serait une bonne date pour s'y initier...


Auteur: Ian Renaud Lauzé.
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